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Packaging biodégradable : un défi pour la restauration rapide

L’introduction d’un packaging biodégradable dans le secteur de la restauration rapide ne se fait pas sans difficulté. Depuis le 1er janvier, de nombreux produits en plastique ont déjà été bannis des enseignes. Pailles, couverts jetables, boîtes en polystyrène, pour tous ces objets en plastique, c’est terminé. Depuis le début de l’année, ce défi est pris à bras-le-corps par tout le secteur qui multiplie les initiatives et expérimente de nouvelles solutions.



La restauration rapide contrainte de repenser son modèle


Le dogme du zéro déchet pose un problème de taille au secteur de la restauration rapide dont le modèle économique repose autour de l’emballage unique jetable. La contrainte n’est pas uniquement d’ordre législatif. Les grands groupes doivent aussi prendre en compte les souhaits des consommateurs de plus en plus sensibles aux questions environnementales.

Tri des déchets, packaging biodégradable, recherches de nouvelles options pour les repas pris sur place, le défi est de taille.

Avec plus d’un milliard de repas servis chaque année, le secteur produit, selon un rapport de 2017, plus de 183 000 tonnes de déchets d’emballage tous les ans. C’est pourquoi le besoin d’une solution plus respectueuse de l’environnement s'imposait.

L’introduction du packaging biodégradable se fait progressivement. Mais il est clair qu’entre les plus grands noms de la restauration rapide et le kebab de quartier, on ne se bat pas avec les mêmes armes.


L’exemple McDonald’s


Comme toutes les enseignes de restauration rapide, McDonald’s a dû très vite prendre la mesure de la nouvelle donne en matière d’environnement. La chaîne de fast food a amorcé dès 2019 son tournant écologique, particulièrement en Europe où la législation s’est durcie.


Donner une image responsable à la marque


Pointée du doigt depuis des années pour sa gestion des déchets et son utilisation outrancière des produits à base de plastique, McDonald’s a souhaité prendre un nouveau départ.

Un tournant qui n’a rien d’innocent. Outre la contrainte législative, c’est l’image de la marque qui est en jeu. Les consommateurs sont en demande d’une vision plus responsable de leurs achats. Et cela se répercute sur leur mode de consommation.


Imposer très tôt un packaging biodégradable


Dès 2019, avant la date limite du 1er juillet 2021, la chaîne de restauration commence à supprimer ses produits plastiques à usage unique. Elle opte pour un packaging biodégradable. La France devient de fait un laboratoire pour la marque qui y teste ses innovations.

Gobelets, pailles, couvercles en plastique, tout y passe. Ces produits sont remplacés par leur équivalent biodégradable. Ainsi, les nouveaux couvercles sont composés en fibres de papier issues de forêts gérées durablement. Les burgers passent en mode « full wrap », enveloppés dans une fine feuille de papier recyclé. Plus récemment, en février 2021, ce sont les jouets en plastique des « happy meals » qui disparaissent à leur tour.


Stratégie zéro plastique


Les laboratoires de la chaîne de restauration rapide se mettent à la recherche de toutes les innovations possibles pour devancer la loi et montrer l’image d’une entreprise responsable. En 24 mois, McDonald’s France a accéléré de manière significative sa stratégie « zéro plastique » pour ses emballages à usage unique. Mais l’entreprise a encore du chemin à parcourir.

La situation est plus compliquée à gérer pour les petits restaurateurs de quartier. La nouvelle législation imposant l’utilisation d’emballages responsables met leur capacité d’adaptation est mise à rude épreuve. Mais désormais, eux aussi doivent s’y mettre.

La packaging biodégradable s’impose. Les innovations se multiplient afin de répondre aux besoins grandissant de la restauration rapide.

Packaging biodégradable : des innovations constantes



Depuis le 1er juillet 2021, les boîtes à polystyrène, largement répandues dans la restauration rapide, sont interdites.

Leur mise à l’index figurait dans la loi anti-gaspillage, lancée par la Ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, et votée en février 2020 : « La matière met 1 000 ans à se détruire dans l’environnement, quand un sac plastique met 450 ans », déclarait-elle alors. Le coût environnemental est énorme. Les packagings biodégradables prennent désormais la relève. En ce domaine, l’innovation est constante.


Maïs, canne à sucre, des matières premières éco-responsables


Le PLA, ce polymère thermoplastique entièrement biodégradable et formé à partir de l’amidon de maïs, est aujourd’hui la matière phare utilisée en matière d’emballage éco-responsable. Mais ce n’est pas la seule.

Lunch box biodégradable fabriquée à partir d’amidon de maïs, barquettes ou bols faits à partir de fibre de canne à sucre, couverts en bambou. Les offres se multiplient.

L

es laboratoires de recherche du monde entier se concentrent aujourd’hui sur les nouvelles innovations à apporter en matière de packaging biodégradable. Les chercheurs de la Northeaster University aux Etats-Unis ont ainsi réussi à réduire le temps de décomposition de boîtes alimentaires à 60 jours grâce à l’utilisation de fibres de bambou et de canne à sucre. Leur processus de fabrication émettrait 97% en moins de CO2 que les contenants en plastique et 65% en moins de CO2 que les produits en papier et en plastique biodégradable existant.


Vaisselle réutilisable pour la restauration rapide


Autre possibilité étudiée par le secteur de la restauration rapide, la vaisselle réutilisable. Des tests sont actuellement en cours dans plusieurs enseignes. Le temps presse. En janvier 2023, les fast-foods ne pourront plus proposer de vaisselle jetable pour les repas servis sur place.

McDonald’s a débuté l’expérience dans une dizaine de lieux. Les frites sont servies dans des cornets en céramique rouge. Les boissons, cafés, sundae le sont dans des contenants en verre. Les boîtes des menus Happy Meal et les salades sont en plastique recyclable, réutilisable.


Deliveroo, la plateforme de livraison de repas à domicile, tente lui aussi l’expérience en proposant à ses clients de se faire livrer dans une vaisselle réutilisable. Il faudra attendre un peu pour prendre la mesure de ces tests. Les deux solutions, packaging biodégradable et vaisselle réutilisable sont amenées à coexister.


Packaging biodégradable : un secteur en évolution



Le secteur de l'emballage biodégradable devrait encore se développer au cours des prochaines années.

La demande est forte et ne concerne pas uniquement la restauration rapide. Depuis le premier juillet, les restaurants doivent proposer à leurs clients des “doggy bag” pour qu’ils puissent emporter leurs restes. Pratique très courante aux Etats-Unis et en Asie, cette pratique n’a jamais vraiment été ancrée dans la culture française. C’est désormais une obligation inscrite dans la loi anti-gaspillage. La demande de packaging biodégradable va inévitablement croître.

Certes, certains craignent les coûts induits par ces nouveaux emballages. Ce qui ne manque pas de poser problème pour les professionnels. Le packaging biodégradable est plus cher que son équivalent en plastique. Mais avec la hausse de la demande, tant de la part des professionnels que des particuliers, cela aussi devrait probablement évoluer.


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